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Une autre manière d'entrer dans l'univers d'Albin de la Simone :


Mes Battements

Pour Albin de la Simone, avant la musique était le dessin. À la sortie de l'adolescence, l'envie de jouer, de composer, de chanter, a éclipsé tout le reste. Les encres et autres aquarelles ont été réduites au silence. L'éclipse a duré trente ans, jusqu'à ce qu'un nouvel accord se trouve. Aujourd'hui, le chanteur dessine et le dessinateur chante. Il dit son enfance, son chemin ; les couleurs de ses souvenirs, l'âme des lieux qu'il traverse, ce qui fait vibrer sa vie et la rythme.

Publié aux éditions Actes Sud - En savoir plus

Encore, Mes Battements vol.2

À paraître le 7 octobre 2026 chez Actes Sud.


Entretien
Vincent Josse et Albin de la Simone

Vincent Josse. Avant d'être un spectacle musical et dessiné, Mes battements est d'abord un livre de souvenirs. La scène est-elle sa prolongation naturelle ?
Albin de la Simone. Mon livre est complètement autobiographique, comme certaines de mes chansons. J'ai eu envie pour ce spectacle d'en sélectionner plusieurs et de les alterner avec des dessins et des souvenirs confiés au public. L'autoportrait me permet, à l'écrit et sur scène, d'explorer la vie en général, la vie plus largement. J'aborde de grandes thématiques vitales : être un enfant, être un parent, avoir des parents, être amoureux... Aujourd'hui, je peux aborder mon passé avec douceur.

VJ. Se retrouver dans un théâtre, comme un comédien, raconter des souvenirs, dessiner pour les rendre précis et chanter, aussi, quel effet cela produit-il sur vous ?
ADLS. Jouer dans un théâtre comme le Petit Saint-Martin est une révélation. J'y fusionne trois disciplines, le concert, le dessin et la parole. En réunissant ces trois langages, je me réalise pleinement. Il a fallu trente ans pour que je comprenne et devienne l'artiste que je suis.

VJ. Le théâtre du Petit Saint-Martin est un cocon. Vous êtes proche des spectateurs. Vont-ils sentir battre votre cœur ?
ADLS. Oui, de même que je sentirai les leurs. Mais c'est le principe de la scène, du Petit Saint-Martin à Bercy, tendre un fil entre chaque personne et nous.

VJ. Vous êtes seul en scène. Quels instruments vous accompagnent ? 
ADLS. Je joue debout, sur un clavier incliné face au public.
Les spectateurs voient mes mains et me regardent jouer, ce qui ajoute une dimension visuelle au son à laquelle ont droit les guitaristes mais pas les pianistes. Curieusement, ce n'est pas plus compliqué de jouer comme ça. Je joue aussi de la guitare et d'une machine mystérieuse que j'appelle "la ciboulette", une boîte couverte de ressorts, de tiges et de roulettes. Une machine électro-acoustique mystérieuse que je gratte et tapote pour constituer les rythmes.
Étant seul, j'ai dû simplifier les accompagnements et trouver l'essentiel qui donne sa couleur à chaque chanson et la soutient. N'ayant que deux mains, ça oblige à une grande concision musicale.
Je suis très concentré et pourtant très libre. Seul, je peux ralentir, accélérer et c'est très agréable pour moi qui ai toujours joué en groupe. 

VJ. L'enfance semble prioritaire, dans "Mes battements". Elle se passe en partie à la campagne, avec un pied dans la ville. Quels souvenirs avez-vous envie de raconter aux spectateurs ?
ADLS. Le spectacle évoque la singularité de mon enfance, le décalage entre ce que j'étais et ce que je semblais être. Enfant de citadin émigré à la campagne, je me sens campagnard, mais vue ma culture parentale citadine, vu mon nom à particules, j'ai toujours été perçu comme(un citadin aristocrate, ce que je n'ai jamais ressenti. Ce décalage est au cœur de ma vie et donc de Mes battements. C'est toujours agréable de parler de soi, bien sûr, mais je ne le ferais pas si j'avais l'impression que ça ne raisonne pas avec le public. Vais-je parvenir à emmener les gens dans une forme d'introspection sereine ?